Un grand merci à Nathalie pour l'organisation d’une randonnée pédestre en Seine-et-Marne le long du grand Morin et du canal de Chalifert à proximité de la Marne, l'occasion d'identifier 2 zones d'accumulation de déchets relativement denses, de faire des photographies du canal particulièrement beau sous le gel, et de partager un moment entre bénévoles autour de quelques chamallows dans un chocolat chaud. Le guide des randonnées Watertrek est à la disposition de tous ceux qui souhaiteraient organiser une sortie sur ou au bord de l'eau, à des fins de cartographie de pollutions mais aussi créatives et artistiques.
Sabine responsable du programme Plastic Origins chez notre partenaire Surfrider et notre cofondatrice Séverine se sont rendues à Vallon-Pont-D’arc en Ardèche afin d’y rencontrer Gille, un plongeur fidèle du site, et d’y découvrir l’impact des déchets d’origine touristique sur ce site à la pression forte.
Lunettes, téléphones, chaussures, caméras, casquettes, vêtements…il est fréquent que les pratiquants de canoë qui s’élancent sur ces eaux vives ne voient leur embarcation se retourner. Si ces baignades accidentelles sont amusantes, elles laissent derrière elles nombre d’objets tombés à l’eau, un nombre qui s’avère vite colossal lorsqu’est chiffrée la fréquentation des lieux : à la haute saison, plus de 2000 personnes évoluent chaque jour sur la rivière, pour un total annuel d’environ 180 000 descentes en canoë kayak. Ce sont autant de milliers de macrodéchets qui viennent joncher le fond des torrents ardéchois. Vient s'ajouter la pollution des canoës eux-mêmes : les coques des embarcations faites en polyéthylène qui heurtent pierres ou autres bateaux, laissent sur place des milliers de copeaux de plastique multicolores. Comme pour tout autre type de présence plastique, ceux-ci se fragmentent, circulent dans l’écosystème et rejoindront bientôt le Rhône et la mer sous forme de petites entités, s’ajoutant à toutes les autres.
Gille notre hôte a également guidé Sabine et Séverine à travers le lit supérieur de l’Ardèche, encore sec à cette saison, afin de leur montrer des « atterrissements », sorte de strates relativement anciennes qui cumulent des déchets très anciens, et qui là encore selon les crues sont susceptibles de subir l’effet « chasse d’eau » du débit et rejoindre le flot de déchets en partance pour la mer. Une décharge sauvage a également été observé sur les bords de l’Ibie, affluent de l’Ardèche, avant que celle-ci ne soit également « gommée » par les crues quelques jours plus tard.
4 stand-up paddlers Stéphane, Serge, Saïd et Séverine des associations Ecosup Explorers et Watertrek sont partis à la découverte de la Marne au départ de Germigny-L'Evêque pour un parcours de 17 km jusqu'à Meaux ce dimanche 24 septembre 2023.
L'objectif de l'expédition est fidèle aux missions des structures: localiser les déchets plastiques pour mieux en déterminer la source. Les pagayeurs étaient équipés de l'application Plastic Origins de leur partenaire Surfrider. Celle-ci a permis au groupe d'identifier les déchets et d’enregistrer les zones où ils s’accumulent.
Au cours de la randonnée, l'équipe a trouvé une grande proportion de bouteilles en plastique, ainsi que des morceaux de polystyrène, des jouets gonflables, des emballages alimentaires, un ballon, des boîtes de conserve, un extincteur et un arroseur de jardin. Des objets plus volumineux, tels que des panneaux d'isolation et un réfrigérateur, ont également été retrouvés.
Les résultats écrits de l’excursion ont été partagés avec les autorités locales et le CEREMA (Centre d'Etudes sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l'Urbanisme).
Huit millions de tonnes de plastique finissent dans les océans chaque année, 80% de ces déchets proviennent de la terre et sont charriés par les rivières, il est donc fondamental d’agir en amont et de sensibiliser à l’impact des déchets et des pollutions plastiques.
Retrouver ici l'article paru dans La Marne du 26 septembre 2023.
Une cinquantaine de bouteilles plastiques, d’imposants morceaux de polystyrène, un parc-choc de voiture…ce sont 3 sacs remplis d’environ 130 litres de déchets qui ont été collectés en 3 heures sur le - malgré tout - très beau canal de Seclin aux abords de Lille. Notre cofondatrice Séverine était accueillie par l’équipage local des EcosupExplorers. Recouvert à 80% de lentilles d’eau, les bouteilles plastiques y sont particulièrement visibles et faciles à collecter …et elles sont terriblement nombreuses. Compte tenu de la quantité très importante de déchets observés et ramassés, nous décidons – en plus de nos relevés Plastic Origins - d’alerter les autorités locales sur la qualité de l’eau et les grosses pièces observées.
L’expédition en stand-up paddle à travers la Belgique lancée par le belge Wim Pyl est arrivée à bon port, non sans un bain frais sur la plage agitée de Nieuwport. Wim et son ami Jan Moermans - déjà auteurs d’une semblable expédition sur le même parcours 5 ans plus tot - étaient cette fois accompagnés de la sœur de Wym Tineke, et du français Antoine Bruge, chargé du projet Plastic Origins chez Surfrider Foundation.
Les rameurs ont traversé les Flandres et passé quasiment 10 heures par jour sur l’eau, sur 4 rivières belges différentes afin d’y collecter les déchets présents sur leur parcours. Environ 60kg ont été collectés quotidiennement - et jusqu’à 120 kg - nécessitant d’aller vider la remorque de sacs quasi-quotidiennement dans les décharges gérées par Renewi. Ce sont environ 18 déchets par km qui ont été signalés sur les zones étudiées via l’outil Plastic Origins, la majorité d’entre eux se présentant sous la forme de fragments de type sacs ou lingettes (62%). 20% sont constitués de bouteilles, 14% d’emballages alimentaires et produits ménagers.
Un serpent de bouteilles géant a été fabriqué pour l’occasion afin d’alerter sur cette trop grande présence de déchets plastiques dans les rivières et sur leur impact : conçus à partir de plus de 400 bouteilles collectées sur le trajet, les paddlers ont pu tracter leur serpent flottant long de 50m, comme la partie immergée d’un flux beaucoup plus important puisque ce sont 220kg de déchets plastiques qui pénètrent les océans chaque seconde.
Il semble que la rivière la plus touchée par les déchets soit la Leie/Lys, rivière qui trouve son origine en France.
Si 5 ans après leur premier périple, Wim et Jan observent que certaines zones d’accumulation ont été nettoyées, la quantité de déchets moyenne observée et ramassée n’a que peu évolué, ce qui reste très alarmant, à la fois pour la santé des rivières, des océans, mais aussi la nôtre. Nous ingérons environ 5 grammes de plastique par semaine.
Le parcours
Jour 1, de Hasselt à Aarschot sur la Demer
Jour 2, de Aarschot à Mechelen sur la Dyle ou Djile
Jour 3, de Kortrijk/Courtrai à Zulte sur la Lys ou Leie
Jour 4, de Deinze à Ghent sur la Lys ou Leie
Jour 5, de Ieper/Ypres à Nieuwpoort sur Yser ou Ijzer
Film documentaire à venir
A l’initiative des stand-up paddlers belges Wim Pyl, sa sœur Tineke et Jan Moermans, déjà auteurs d’une expédition sur ce même parcours en 2017, un groupe de paddlers et Watertrekers s’élancera pour une expédition longue distance de 250 km sur 3 rivières belges à la fin du mois d’avril 2022 afin d’observer l’évolution du volume de déchets plastiques présents sur le parcours, 5 ans plus tard.
L’objectif de cette initiative reste identique aux intentions de 2017: alerter sur la quantité de macrodéchets en rivière, responsables à 80% des pollutions plastiques trouvées en mer.
A ce désir de sensibilisation du grand public vient s’ajouter l’objectif de quantifier de manière précise le nombre et le type de déchets rencontrés et de les cartographier. L’équipage belge sera rejoint par Antoine Bruge, créateur en France du protocole Plastic Origins chez Surfrider Foundation, un outil numérique de comptabilisation et de cartographie des déchets dans les voies de transfert et de Stéphane Vuillet, réalisateur belge francophone qui a prévu de s'immerger dans l'aventure pour en faire un film documentaire.
Les participants comptent collecter les déchets plastiques sur leur parcours et fabriquer un serpent géant de bouteilles qui flottera à l’arrière des planches de paddle, convaincus qu’une telle création - de par sa grande taille - est susceptible de frapper les esprits et d’attirer l’attention sur le besoin de stopper ces pollutions.
3 planches de stand-up paddle, 5 heures de navigation sur le fleuve Aa entre Remilly-Werquin et Setques dans le nord…et 50 kg de déchets collectés au fil du parcours…L'objectif de notre équipage nordiste était simple : découvrir la rivière et identifier un maximum de déchets sur ces 9 kilomètres. « Nous avons fait le choix d'une sortie courte en raison des températures et d'un itinéraire inconnu qui réclame une certaine prudence. » partage Stéphane.
« Cette petite descente est bien mouvementée. Le cours d'eau est assez étroit et sous son air paisible et embrumé, la rivière chargée des pluies des jours précédents entonne un courant parfois soutenu. Le calme et l'absence de rencontres humaines nous plongent dans une déambulation paisible et captivante. Quiétude parfois abîmée par une urbanisation envahissante. De petits barrages nous déséquilibrent : notre récolte - plastiques, bouteilles, pneus, ballons, polystyrène etc… - risque à tout moment de passer par dessus bord. Les changements de dénivelé au sein du Parc Régional des Caps et Marais d'Opale font serpenter le cours de l'Aa.
Notre regard est stimulé à chaque virage ou bosquet. La glisse sur nos SUP porte à nouveau le sceau d'un partage collectif. Encore une fois cette mini-exploration engage davantage notre réflexion sur l'état de notre planète… »
Reynald, Christophe et Stéphane sont respectivement professeurs des écoles et professeurs d’EPS dans le Nord de la France, amis depuis 10 ans et aventuriers depuis 5, sensibles aux questions d’environnement dont ils mesurent de plus en plus l’impact au fil de leurs explorations en paddle, et ils ont récemment entamé la descente de la Semoy dans les Ardennes, sans pour autant s’attendre à y collecter autant de déchets. C’est le watertrekker Stéphane qui prend la plume pour partager avec nous leur surprenant périple :
« 24 août 2021. 10 degrés. Il est 8H30. A hauteur des rapides des Phades (près de Montherme, dans la vallée de la Meuse et Semoy), la rivière Semoy suit sa douce circulation, amenant avec elle une brume fantomatique. Nous nous préparons à rejoindre le village de Hautes-Rivières, point de départ de notre exploration en SUP. La descente sur 18 kilomètres s'annonce ensoleillée et nous profitons de ces instants que nous offre la nature, hors du temps.
Dès 10 heures, nos trois embarcations filent sous le premier pont et c'est la première alerte : nous sommes brusquement rappelés à la réalité, car Christophe échappe de peu à un pieu rouillé à fleur d'eau. Son SUP est légèrement griffé mais rien de grave, cela reste superficiel...ouf ! De son côté, Reynald travaille son équilibre qui est encore à perfectionner. L'initiation sur le lac des Vieilles-Forges la veille l'a enfin réconcilié avec l'activité. Bien que faible, le courant ne contribue pas à le rassurer complètement. Concentré, il nous laisse à notre exploration du milieu aquatique et de ses berges. Très rapidement, nous découvrons l'ampleur d'une réalité accablante : des sacs plastiques fixés et emmêlés aux branches des arbres, des objets inattendus nous obligent à charger nos SUP pour tenter de redonner au lieu sa beauté originelle. Notre équipement est rudimentaire mais permet tout de même la récupération de quelques trésors malvenus. Les images sont atypiques : Christophe survole l'eau avec une table de jardin en plastique posée sur son SUP. Je récupère une chambre à air de camion et déjà au bout d’une heure de glisse, nous faisons une halte au camping du Faucon à Thilay. Nous y découvrons un nouveau concept de camping - le Glamping - contraction de glamour et camping. La table et la chambre à air sont prises en charge sans hésitation par la propriétaire. La rencontre est très agréable, sympathique, et cela nous encourage à reprendre notre petite expédition.
Nos SUP caressent par deux fois des pneus de tracteur que nous ne tentons même pas de sortir, malgré l’envie dévorante de libérer le lieu de cette tâche d’humanité. Ils sont situés à chaque fois sous un pont et le courant qui s'accélére à cet endroit rendrait périlleuse et probablement stérile toute tentative. Nous tombons malheureusement très rapidement sur d'autres incongruités majeures : deuxième alerte, en tentant d'extraire une chaise de jardin, ma pagaie coule et se retrouve au fond du lit de la rivière, heureusement profonde de seulement deux mètres. Nos embarcations prennent rapidement l’allure de radeaux de misère, jonchés de sacs plastique, d’une bouteille d'adjuvant pleine et - clou du spectacle – d’un matelas d'une personne ficelé et plié en deux... !
Le paddle de Christophe, plus large, peut accueillir facilement les gros volumes et cela permet de continuer notre cheminement vers les rapides de Phades. Ces petits rapides, situés en aval du village d'Haulmé dans un décor proche de celui de la Dordogne, font suite à un portage rendu obligatoire par le franchissement d’un petit barrage. Je récupère juste avant un sac de travaux d’un mètre cube emprisonné dans des branchages et bloqué entre des rochers.
Notre arrivée au camping est un convoi pour le moins inhabituel. Après cinq heures et quinze minutes de navigation, le spectacle de nos embarcations chargées d'improbables matériaux semble venir d'un monde presque burlesque. Les immondes déchets quittent définitivement le lit de la rivière et contrastent avec la pelouse verte et ensoleillée. Nous regardons la berge avec tristesse et désolation. Une petite demoiselle virevolte au-dessus d'eux, quelques instants, mais ne s'y pose pas. Le propriétaire des lieux, circonspect, nous aide sans hésitation à transporter nos trouvailles dans des conteneurs. Il nous offre même une nuit pour trois lors de notre prochain passage, prouvant sa solidarité et sa reconnaissance pour notre démarche.
Cette première exploration de la Semoy en équipe stimule notre imaginaire. Des échanges sur nos futurs descentes se multiplient. Cette pratique du SUP éco-responsable laisse transparaître le plaisir de vivre ensemble une expérience collective authentique doublée d'un intérêt majeur pour la protection des milieux aquatiques (La Semoy se jette dans la Meuse, qui elle-même rejoint la mer du Nord à hauteur de Rotterdam 950 kms plus loin). Rien de contraignant dans cette aventure, le simple bonheur partagé en phase avec le rythme de l'eau et la mosaïque d'une nature toujours aussi surprenante, inspirante et belle. »
Watertrek est très heureuse d’avoir participé à l’expédition Plastics Origins lancée par Surfrider Foundation sur le Rhin, l’occasion de découvrir l’application développée par Antoine Bruge pour compter et cartographier la présence de déchets sur les rivières, un outil particulièrement bien adapté aux pratiquants de paddle.
Malgré la pluie et les moustiques, l’équipe de bénévoles du siège Surfrider et de l’équipe Surfrider Bas-Rhin a pu évoluer sur la Brunnwasser et le Rhin Tortu, et profiter d’un très beau bivouac au bord de l’eau.
L’application à installer sur son smartphone propose de définir votre mode de déplacement - à pied ou sur l’eau, puis de cliquer sur l’une des 8 catégories répertoriées à chaque fois qu’un déchet est repéré. A l’issue de la session, les données sont accessibles sur une carte, le tout permettant de classer les cours d’eau en vert, orange, et rouge, en fonction de la densité des déchets observés.
Watertrek compte poursuivre l’utilisation de cet outil, et possiblement l’exploiter lors de prochains parcours sur l’eau.